Le racisme au détour d’une histoire

« Mais si dans ton langage, tu emploies le mot « sauvage »,
C’est que tes yeux sont remplis de nuages, de nuages …».

Je ne sais pas pour toi mais ces paroles ont bercé toute mon enfance, adolescence et encore maintenant j’ai toujours ce frisson en écoutant ce passage.

Ce que je n’avais pas compris, c’est qu’elle n’est pas juste une chanson de dessin animé. Elle est le reflet d’une réalité que je ne pensais pas si proche de moi. Récemment, un ami à moi m’a conté une histoire de son grand-père. Je vous la dit telle quelle : « Mon grand-père était directeur de colonies en Afrique. Un jour, ils ont croisé une tribu de sauvages, ils pratiquaient les sacrifices humains !  Avec le temps, ils ont fait arrêter ces pratiques barbares ».

J’imagine très bien l’enfant qu’il était, assis devant son papy, écoutant celui-ci relater ses hauts faits de blanc-qui-sait-tout. En revanche, je ne comprends pas bien l’adulte qu’il est, continuer de répandre une telle histoire avec toute la fierté du blanc-qui-sait-tout.

Je lui ai demandé s’il pensait vraiment que cette tribu était sauvage. « Bien sûr ! Ils pratiquaient des sacrifices humains ! ».

Et alors ?

« Pour toi, l’étranger ne porte le nom d’Homme que s’il te ressemble et pense à ta façon »

Le peuple grec, ce peuple si civilisé, cultivé, ce peuple qui nous a donné les plus grands philosophes ou mathématiciens et qui nous ont donné la base de ce qu’est notre démocratie pratiquaient les sacrifices humains. Oh, mais quelle surprise ! Mais comment cela est-il possible ? Tout simplement parce que ce peuple, aussi « civilisé » qu’il était, était tout de même humain. Ils étaient en proie aux mêmes peurs de la météo, des catastrophes et de tout changement inexplicables encore pour eux. Aussi civilisés qu’ils étaient, ils croyaient quand même en une religion et en des Dieux qu’ils se devaient d’apaiser.

As-tu jamais entendu le mot sauvage pour parler des grecs ?

Les catholiques, ces bons vieux catholiques, si pressés de prêcher la bonne parole ! Faites ce que je dis, ne dites pas ce que je fais ! (Je précise que je suis catholique mais cela ne m’empêche pas d’ouvrir les yeux). Je pars du principe que toi lecteur, si je te parle de viol tu fais la grimace et t’aimes pas trop ça. Le viol c’est vraiment un truc pas cool. Aurais-tu oublié qu’en vertu de la religion catholique, les femmes devaient prouver qu’elles étaient vierges, au point de parfois se faire violer par leur mari, imposé je le rappelle, lors d’une nuit de noce publique devant tout le château ? Après, parfois, s’être fait passer dessus par le seigneur de son mari ? Aurais-tu oublié que pour défendre cette même religion (la défendre de quoi, au fait ?), les Templiers ont décimé des populations, violé des femmes, pillé sans relâche ?

Mais pour autant, as-tu déjà entendu le mot sauvage pour parler de ces gens ? (Des actes oui mais des gens ?)

Je vais te le dire, non. Et tu sais pourquoi ? Parce qu’ils sont blancs, ils sont propres, ils sont comme nous. Et naaaannn nous ne sommes pas des sauvages, nous, nous sommes civilisés mais eux non. Attend, ils sont presque nus et font des sacrifices humains ! De vrais sauvages, j’te l’dit comme j’le pense ! (Ça marche pour les tribus d’Afrique mais aussi les autochtones en Australie ou les indiens d’Amérique).

Mais, heureusement, moi homme-blanc-qui-sait-tout, je suis venu leur apprendre les bonnes choses à faire, à être un bon catholique qui vole le corps des femmes, tue des hommes, pille leurs maisons mais tout ça avec la bénédiction de Dieu. Grâce à moi, ils sont devenus des hommes bons, des hommes respectables.

Là où je veux en venir avec mes gros sabots c’est que lorsque tu emploies le mot sauvage tu fais du mal aux personnes visées ET tu véhicules de mauvaises pensées. Tu penses peut-être savoir ce qui est bien et je ne suis pas en train de dire que les sacrifices humains c’est trop cool, vite tous en haut de la falaise ! Ce que je suis en train de dire c’est que tout ne s’arrête pas à ça. Ne juge pas les gens, ne juge pas des peuples sur un seul aspect de leur façon de vivre. Parce qu’à ce niveau là, nous étions des sauvages pour ne pas avoir encore autorisé le mariage gay pour les peuples qui l’avaient déjà autorisé, etc…  On pourrait s’arrêter à « on est tous le sauvage de quelqu’un » mais si on voyait plus grand ? Et si on voyait avec un regard neuf, un regard plus tolérant et si personne n’était un sauvage ? On est tous comme on est, avec nos défauts et nos qualités et ça ferait vachement avancer les choses de ne pas continuer à véhiculer des pensées obscures juste parce que l’ancienne génération disait ça. Il serait peut-être temps de changer notre perception du monde ?

Fluffy

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Une réflexion sur “Le racisme au détour d’une histoire

  1. oui au lieu d’être l’étranger ou le sauvage de quelqu’un ce serait pas mal de laisser vivre et d’être rien du tout de personne lol
    Jolie entrée dans le blog avec ce chouette article bisous

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