Lettre ouverte à l’ex de mon mari

Bonjour tout le monde,

Pour comprendre ce qui va suivre, un petit éclairage sur la situation se trouve ici, je vous invite à aller le lire avant d’aller plus loin.

Madame,

Puisque, dans vos derniers échanges de mail avec mon mari, vous vous permettez de me mettre en cause, je tiens à faire une mise au point après m’être retenue à de nombreuses reprises. La goutte d’eau qui fait déborder le vase…

Je vous rappelle que nous sommes mariés et vivons donc ensemble, avec mes enfants, dans la même maison. Mais cela, je crois que vous savez très bien en tenir compte quand cela vous arrange : demander que je vienne chercher M quand son père ne pouvait pas conduire à cause de ses problèmes à l’épaule ; dire que mes plus grands peuvent s’occuper des plus jeunes le temps que nous fassions les trajets ; ou encore prendre en compte mes revenus quand mon mari vous répond qu’il n’a pas les possibilités financières de participer à la classe de neige de M. Pensez juste que d’autres éléments entrent en ligne de compte, comme l’avis de mes enfants (je ne leur ai jamais imposé de garder les plus jeunes) et mes impératifs professionnels -quand bien même vous les avez balayés allègrement d’un « elle fait ce qu’elle veut de sa vie » dans l’un de vos mails-, et que si vous voulez prendre en compte la globalité des revenus, il vous faudra aussi considérer la globalité des charges.

 

Par ailleurs, vous m’enjoignez de « mettre de l’eau dans mon vin ». Je vous retourne l’expression en vous rappelant que la situation actuelle découle en grande partie des coups de ceinture que vous avez donnés à M quand elle avait à peine 8 ans et du choix arbitraire que vous avez fait de la priver de son père pendant 9 mois. C’est étrange comme, à ce moment, la souffrance de M d’être séparée de son père vous importait peu puisque malgré son désir de le revoir, vous avez maintenu votre refus jusqu’à ce que les autorités s’en mêlent. Tant que vous resterez dans le déni, dans le refus de voir et d’assumer vos responsabilités dans la situation actuelle, c’est vous qui empêcherez une évolution positive de la situation.

D’ailleurs, il me semblait qu’accepter d’attendre le bon vouloir de M pour aller voir sa psy avec elle était une preuve de bonne volonté de ma part. Si le rendez-vous initialement prévu durant les vacances de la Toussaint, pris alors que c’était la semaine où mes enfants étaient avec moi et que dans ce cas je sacrifiais une journée avec eux pour M (encore une façon de « mettre de l’eau dans mon vin »), n’a pas eu lieu, c’est à cause d’un empêchement du Dr Psy.

 

Vous dites que M veut revenir chez nous les we et les vacances ? J’émets de sérieux doutes quant à son réel désir puisque depuis que nous sommes allés voir le Dr Psy avec elle pour en parler, elle n’a toujours pas donné de réponse aux questions que je lui ai posées –ni directement, ni via son père, ni via le Dr Psy- et qui me permettraient d’envisager son retour ici avec un minimum de sérénité.

Soyez honnête, c’est vous qui le souhaitez, bien plus qu’elle, afin de retrouver des week-ends et des vacances pour vous toute seule, ce que je peux fort bien comprendre puisque la défection du père de mes 3 aînés m’a contrainte à les assumer à temps plein depuis plus de 15 ans. Et je sais fort bien qu’il n’y a rien à faire, l’exercice du dvh ne peut s’imposer.

Vous espériez sans doute que mon mari cèderait à votre chantage du « on applique le jugement à la lettre ou rien ». C’est oublier tous les paramètres qui font qu’il vous a proposé cette solution qui préservait au mieux les intérêts de tout le monde le temps que la situation décante et évolue dans le bon sens. Vos récentes réactions, malheureusement, vont en sens inverse et risquent fort de compliquer davantage les choses…

 

Vous demandez que son père s’occupe exclusivement de M quand elle vient à la maison le week-end ? Nous avons essayé, c’est ingérable. Nous sommes une famille, nous vivons à plusieurs sous le même toit, chacun doit y mettre du sien. Si M refuse de respecter les personnes et les règles de vie que nous avons choisies, il n’y a pas de raisons que nous acceptions qu’elle perturbe notre équilibre. En matière de recomposition familiale –j’ai un peu plus d’expérience et de recul en la matière que vous-, ce qui prime, c’est le respect des autres et des règles de vie du lieu où l’on est. En l’occurrence, M a suffisamment montré par son comportement qu’elle n’était pas prête, je ne vois pas pourquoi nous serions tenus de le subir à nouveau. Ah, elle n’a « que » 10 ans, c’est une enfant… Moi aussi j’ai des enfants à la maison -dont un qui a 10 ans-, je devrais sacrifier leur bien-être pour conforter M dans son illusion de toute-puissance ? Libre à vous de choisir de l’éduquer dans ce sens, je vous souhaite de ne pas le regretter dans les années à venir. Je parle avec mon expérience de mère de 5 enfants, d’enseignante et d’assistante maternelle…

 

Vous me reprochez de ne pas aimer M. Cela vous dérange-t-il vraiment ? Cherchez bien, quelque part, vous en êtes sûrement satisfaite et j’irais même jusqu’à dire que vous avez fait ce qu’il faut pour empêcher la construction d’une bonne relation entre M et moi (sans aller jusqu’à parler d’amour)…

Par ailleurs, si pour vous « aimer M » signifie tout laisser passer sous prétexte que c’est une enfant, alors dans ce cas vous avez raison, je ne l’aime pas. Mais cela signifie aussi que je n’aime pas non plus mes propres enfants puisque je n’accepte pas tout et n’importe quoi de leur part et que je sanctionne quand c’est nécessaire.

Et puisque vous parlez d’amour, je vais vous expliquer quelque chose : rien ni personne ne m’oblige à aimer M, tout comme rien ni personne ne l’oblige à m’aimer. Dans une relation enfant/beau-parent, l’amour est un plus qui vient ou pas. Et l’amour se développe quand les conditions le permettent. Or, jusqu’à présent, quels qu’aient été mes sentiments à son égard depuis le début, tout ce qui s’est passé a été défavorable à la naissance et à l’épanouissement de ce sentiment.  En attendant, le minimum requis est le respect mutuel. Je sais ce que nous avons vécu, ce que nous avons tenté pour améliorer la situation, que j’ai largement dépassé mes limites pour essayer d’éviter d’arriver là où nous en sommes, les traces que tout ceci a laissées tant chez moi que chez mes enfants ou dans notre couple. D’où le fait que je prenne mes précautions, en accord avec mon mari avec lequel nous avons beaucoup discuté entre adultes, avant d’accepter que M revienne chez nous

Vous pensez que je la considère comme une ennemie ? C’est votre interprétation, je vous la laisse.

 

Quant à vouloir que mon mari assume son rôle de père, je vous invite à réfléchir au nombre incalculable de fois où vous avez tout fait pour qu’il ne puisse le faire. S’il vous faut quelques exemples, le dernier en date est bel et bien celui d’aller contre sa décision de ne plus laisser M en vacances chez ses grands-parents paternels puisqu’elle n’est pas capable de respecter leurs règles. Je pense aussi à cette accusation d’alcoolisme que vous avez tentée d’utiliser pour limiter les possibilités de contact entre M et son père ; la demande que vous aviez faite de leur laisser seulement un après-midi par mois pour se voir ; les neufs mois où vous avez empêché tout contact entre eux ou seulement sous votre haute surveillance auditive histoire de couper court si le contenu de la conversation finissait par vous déplaire ; tout ce que vous avez dit et dites encore à M pour le dénigrer ; ce que vous racontez à ses propres parents pour le discréditer même à leurs yeux…

 

Vous avez dit aussi que vous ne voulez pas qu’on vous donne de conseils pour l’éducation de M. Fort bien. Dans ce cas, je vous prie de ne pas vous mêler de la façon dont nous gérons notre vie familiale.

 

Je termine avec quelques suggestions :

-relisez vos mails avant de les envoyer afin d’être sûre que ce que vous voulez exprimer est explicite plutôt que de dire que ce sont les autres qui ne comprennent pas ce que vous écrivez ;

-puisque M est une enfant, laissez-la à sa place d’enfant tout en gardant à l’esprit que certains comportements compréhensibles chez un enfant de moins de 5 ans (que vous ne tolériez pas à l’époque) ne le sont plus chez un de plus de 10 ans (alors pourquoi devraient-ils être acceptables maintenant ?) ;

-puisque, je vous cite, « certaines choses se discutent entre adultes », rappelez-vous qu’une discussion est un échange de points de vues pour arriver à un accord qui convient aux deux parties, pas un match où tous les coups (bas) sont permis pour écraser l’autre et le faire plier ; et que c’est vous, encore une fois, qui avez décidé de ne plus adresser la parole à mon mari et pendant longtemps, de faire passer vos messages par M ;

-si cela vous paraît si difficile de discuter, il existe ce qu’on appelle la médiation familiale –là aussi cela vous a déjà été proposé mais vous avez toujours refusé- ;

-avant de suggérer aux autres de se faire aider, demandez-vous si vous ne les empêchez pas de le faire en les tenant à distance (je pense au suivi psy de M : quand un enfant de parents séparés est en souffrance, il faut prendre en compte tous les aspects de sa vie, comme on le fait pour un enfant dont les parents vivent ensemble, et pas seulement le point de vue d’un des parents ou bien dans ce cas admettre que ça dépasse le cadre de ses compétences et orienter LES parents vers des options complémentaires au suivi individuel de l’enfant).

Recevez, Madame, mes sincères salutations.

Ax-L

10 doigts, un Phil et des aiguilles

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13 réflexions sur “Lettre ouverte à l’ex de mon mari

  1. Woah ! Une lettre effectivement très explicite sur un problème des plus difficiles à gérer : les « ex » et leurs usurpations de droits !
    Malheureusement, cela arrive beaucoup plus qu’on l’imagine, souvent au détriment du bien-être de chacun. Dans ton cas, Axelle, j’ai l’impression que cette « dame » n’accepte surtout pas que son « ex » soit enfin heureux !
    Que la Force soit avec toi !

    • Merci Marie. Je pense aussi qu’un des principaux problèmes de la « dame » réside dans le fait qu’elle aurait bien aimé voir mon mari sombrer après le divorce (qu’elle a demandé) alors que finalement, elle l’a libéré ;-). Et elle, elle est toujours seule, malgré les au moins 3 « copains » qu’elle a déjà eus et avec lesquels ça s’est soldé par un échec.
      Nous sommes nombreux à penser que si quelqu’un a besoin d’une aide psy, c’est elle plus que M…

      • j’ai du raté plusieurs episodes de cette saga 🙂 maintenant oui je te confirme que la plus belle chose qui lui soit arrivée a ton « mari » est de t’avoir retrouvé et enfin marié avec toi. j’ai vu sa tete a son 1er mariage et aussi a son 2eme. le jour et la nuit.

      • Oui, je suis tout à fait d’accord avec toi lorsque tu dis que c’est elle qui a plus besoin d’un psy que la petite « M » ! Souvent, ces « ex compagnons » sont dans le déni de leurs actes et des conséquences de leurs faits et gestes. Ils utilisent alors les enfants comme moyen de pression, de chantage ou de monnaie d’échange. L’enfant y perd son latin, se retrouve coincé entre deux camps et ne sait plus vers qui réellement se tourner… Perdu, indécis, ballotté, il erre la plupart dans des conflits d’adultes qui le dépriment ou le blessent profondément.
        Si la petite « M » est plutôt indisciplinée, hyperactive ou insolente, ce n’est pas forcément de sa faute. Elle ne fait que rejeter par cette façon, un trop-plein d’agressivité environnante.
        Ce que l’on peut en conclure, c’est que sa mère ou plutôt sa génitrice ne souhaite pas réellement son bonheur… Elle doit être encore l’une de ces femmes qui sont dans un certain égoïsme et qui ne pensent qu’à leur petite personne !

    • C’est surtout usant tant de mauvaise foi, d’incohérence, d’agressivité. Heureusement qu’un bon nombre de km nous sépare, sinon je pense que ça aurait pu être pire…
      Le plus triste dans l’histoire, c’est M… C’est elle qui en fait les frais.

  2. oh putain , je vois que ça ne s’arrange pas, j’attendais avec impatience la suite que je te souhaitais favorable. ce n’est pas le cas.
    Il y a une suite à mon histoire de jo presque comme M, ma belle mère aussi sympa ait pu t’elle être longtemps a complètement changé quand mon père et elle ont eu ma demi soeur.
    Aujourd’hui c’est un monstre de méchanceté qui n’attend qu’une occasion pour me blesser de ses mots acerbes et dieu sait que je suis sensible, elle mon modèle, ma deuxième maman si cruelle avec moi j’ai eu beaucoup de mal jusqu’au jour (proche) où elle a dit un tout petit truc anodin sur une de mes filles. Ce jour là ma relation avec elle s’est terminée.
    Je souhaite que ta relation avec M se dégage de l’emprise de sa mère sinon ça va vraiment pas s’arranger =(
    bisous, courage et des tas de chaudoudoux plein les mains ♥

  3. Je découvre aujourd’hui votre histoire et je m’aperçois (bien que le sachant déjà) que je ne suis pas toute seule. Mais fort heureusement, chez moi les enfants sont tous adultes et finalement celui qui se fait manipuler et mener par son ex est mon compagnon. Bon courage à vous et vos enfants.

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