LE PERMIS DE CONDUIRE (sentiment de solitude)

J’ai décidé pour cet article, de vous raconter le jour où j’ai passé mon permis de conduire, j’espère que ça vous plaira !

Le réveil sonne et me fait bondir du lit…six heures.
Grommelant, je me réveille, ça a beau être les vacances, je peux oublier la grasse matinée.
Le froid au cœur je me prépare, à sept heures dix, mon moniteur d’auto-école vient me chercher pour passer le permis.
Hier j’ai eu mes deux dernières heures de leçon… pas terrible.
Créneau et demi-tour avaient l’air complètement absents de ma mémoire.
Alors évidemment, le permis, je ne pense pas l’avoir.
Ma mère et mon père sont très gentils avec moi, ils n’arrêtent pas de me dire de voir positif… et de toute façon, personne ne l’a du premier coup.
Gentils mais menteurs, mon père et ma meilleure amie l’ont eu dès la première fois.
Ce mensonge ne sert qu’à rassurer ceux qui stressent.
C’est pas grave, je fais semblant d’y croire.
De ma fenêtre j’aperçois l’auto blanche se garer le long du trottoir.
J’ai l’impression que mon cœur va s’envoler par la fenêtre pour se suicider.
Je sors en trombe de chez moi et m’assoie à l’arrière de la voiture.
Monsieur Martin me regarde et me demande comment ça va. Lui non plus n’a pas l’air convaincu que je décrocherais ce bout de papier rose.
Au volant, un garçon d’une vingtaine d’année me sourit.
Charmant, mais mes pensées sont axées sur la conduite.
L’inconnu se prénomme Paul, il a raté une fois déjà son permis et va le repasser avec moi.
Il conduit un moment…il conduit bien.
A mon tour… je cale.
Heureusement que ce n’est pas encore le permis et qu’il s’agit juste d’un échauffement.
Bref on arrive au rendez-vous. L’inspecteur n’est pas là.
Impatiente, je tapote le volant.
Monsieur Martin sort de la voiture pour marcher.
Paul et moi restons seuls dans la voiture.
On parle quelques minutes, devenus intimes à l’approche de l’examen. On se demande qui passera le premier.
Je préfère passer la seconde, et puis non la première.
Paul me rassure, blague.
L’inspectrice arrive, grande, brune, environ trente ans.
Je commence à conduire, je m’en sors bien et puis… et puis démarrage en côte, et là je cale quatre fois de suite et vois avec angoisse le feu passer au vert puis au rouge, puis au vert.
Je démarre mais je sais déjà que le papier rose est perdu.
Je roule sans conviction, fais des erreurs.
Monsieur Martin et l’inspectrice discutent gaiement, tandis que je me concentre sur la route et que Paul doit se féliciter de ne pas conduire aussi mal que moi.
Au bout de quelques minutes on me demande de descendre et Paul prend ma place, on échange un sourire mais on s’est bien tous les deux que la partie est déjà jouée.
Et en effet, il conduit bien, fait un demi-tour qu’on jugerait pas mal et il conduit longtemps… plus que moi.
Tous les deux, on sait déjà.
Point de départ, l’inspectrice me regarde et énumère toutes mes fautes, j’ai l’impression qu’elle ne se taira jamais.
Monsieur Martin m’observe comme pour juger des paroles de la femme sur moi, Paul regarde droit devant lui.
Quelle humiliation ! Mais je ne laisse rien voir, je souris, hoche la tête, admets mes erreurs.
L’inspectrice me sourit.
Paul lui a son permis.
Monsieur Martin nous ramène, il félicite le garçon, je me joins à lui pour ne pas être en reste.
Et puis une fois encore viens mon tour, ce brave moniteur ne comprend pas mes erreurs et il me pose des questions.
Je sens mes yeux qui me brûlent, je voudrais lui dire de se taire mais il continue.
Je regarde par une vitre le paysage qui défile, qu’une envie…être chez moi.
Paul, rassuré sur son sort se montre encore plus charmeur et moi je fais semblant d’être ravie pour lui, tout en me renfonçant dans le siège arrière.
Monsieur Martin ayant une course à faire nous laisse une seconde fois seuls.
Un silence gêné s’installe, Paul essaie de ne pas trop montrer sa joie par rapport à moi et de mon côté je ne veux pas qu’il pense que je suis triste ou jalouse.

images textes conduite
Alors j’enchaîne :
 » T’as été super ! T’as drôlement bien conduit.
– Ouais, je suis trop content !  » Puis il ajoute rapidement comme pour me consoler :  » Mais t’as eu des trucs plus compliqués que moi. J’ai pratiquement rien eu.  »
S’il croit que ça me console, mais bon je joue la bonne copine jusqu’au bout, jusqu’à l’écœurement :
 » Tu rigoles, t’as eu un rond-point et un demi-tour.  »
Et lui de renchérir pour ne pas être en reste :
 » S’il n’y avait pas eu le démarrage en côte, tu l’aurais eu, le reste ça allait. C’est trop con.  »
Je lui fais le grand sourire de la fille qui s’en fait pas mais je bous à l’intérieur.
Enfin le moniteur revient et je rentre chez moi. Débordant de sollicitude monsieur Martin me dit qu’il me rappellera, que je ne dois pas me décourager et Paul me lance un :
 » Bonne chance pour la prochaine fois !  »
Je voudrais lui tordre le cou !
Je sors de la voiture et me dirige chez moi.
Et maintenant il va falloir que je dise à ma famille que je l’ai loupé… enfin personne ne l’a du premier coup… à ce qu’il paraît.

conduite fin

(Pour la petite histoire je l’ai eu la fois suivante…ouf)

Ode Colin (http://lespagesdeode.cowblog.fr)

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6 réflexions sur “LE PERMIS DE CONDUIRE (sentiment de solitude)

  1. Ah ! Tu peux bien parler de moi Ode ! Toi aussi, tu écris comme un roman ! J’adore ton histoire et Dieu sait que je me reconnais bien dans ton récit ! Rassure-toi, personnellement, je ne l’ai eu qu’à la cinquième fois, ne sachant pas vraiment à quoi le permis pouvait me servir, à l’époque… Depuis, crois-moi, je suis bien heureuse de l’avoir tout de même décroché ! 😉

    • lol je suis bien contente de n’avoir pas à repasser le permis…me demande si je l’aurais avec tout les changements ! (et ça me fais plaisir que tu es bien aimé mon histoire, c’est gentil)

  2. Très vivant ton récit, je finissais même par imaginer le début d’une belle histoire entre Paul et toi 😉

    Moi c’est le code que j’ai raté la 1ère fois… La conduite, je l’ail passée en hiver avec de la route dégueu plein de bouillasse post déneigement. Je crois que l’examinateur a été compréhensif 😉

    • lol et non je n’ai plus jamais revus Paul…
      aie passer le permis en hiver ça doit être affreux, je reconnais que de le passer dans le sud c’est quand même sympa car jamais de neige et rarement de pluie, c’est quand même plus facile !

  3. c’est vraiment bien écrit 🙂 ça me rappelle aussi que quand j’ai passé l’examen je ne suis pas allée dans la voiture avec celui qui passait l’examen en même temps que moi. En plus j’étais persuadé de ne pas l’avoir car j’ai un peu envoyer balader l’inspectrice des le départ lol alors attendre pendant 20 min sur un banc pendant que l’autre passait son examen c’était vraiment vraiment long :p

  4. merci 🙂 ah oui 20 minutes sur un banc ça fais long ! Moi les deux fois j’étais dans la voiture avec les autres jeunes….mais seule tu as du avoir le temps de bien stressée !!!

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