La dépression, cette compagne…

… Dont je me passerais bien. Je parle de la vraie dépression, pas le petit coup de mou ou de déprime que l’on ressent à certains moments de notre vie.

cycle de la dépression

Au 1er épisode, il y a un certain nombre d’années, je me suis plus ou moins bien soignée. Je crois que je n’avais pas pris la mesure de ce que ça impliquait réellement. Et puis il fallait être forte, tenir, avancer, pas de temps à perdre avec ce genre de chose.

Avec le recul, je pense que je suis passée à côté de signaux d’alerte plusieurs fois dans les années qui ont suivi, en minimisant ce qui se passait. Quand on est mère de famille nombreuse, qu’on travaille, que le compagnon du moment est absent/inefficace/indifférent/culpabilisant, il faut avancer.

 

Jusqu’à ce nouvel épisode il y a un peu moins de 3 ans. Un bien méchant, déclenché par des évènements familiaux compliqués. J’ai rué dans les brancards, rejeté ces médicaments, culpabilisé de ne pas tenir debout, ressenti un fort sentiment d’échec, de nullité. Je me suis fait botter les fesses par mon médecin traitant, par mon Phil, parce que j’avais vraiment besoin d’être prise en charge. J’ai cédé, je me suis soignée, j’ai suivi une thérapie et les choses ont fini par s’apaiser. J’ai demandé à cesser mes visites chez le psy, mon généraliste a suivi la phase de sevrage et c’était reparti pour une vie à nouveau normale, avec ses hauts et ses bas, gérables par moi-même.

Il y a un an environ, nouvelle période délicate mais je refusais de le reconnaître, toujours cette tendance à voir ça comme un échec et une faillite de ma part. Je me suis à nouveau fait botter les fesses pour retourner consulter. J’ai repris le travail sur moi auprès du même psy, ça a bien évolué, sans passer par la case médicamenteuse, j’étais contente. J’ai vraiment vu une évolution positive dans ma façon de gérer les évènements.

Mais depuis quelques semaines, ça n’allait  de nouveau plus. Mauvais sommeil, fatigue excessive, envie de rien, angoisses, pilote automatique pour les tâches du quotidien… Je n’en ai pas parlé tout de suite au psy, je pensais que c’était lié à un stress d’anticipation et qu’une fois la situation passée, ça irait mieux ; en plus nous étions en train de travailler sur quelque chose de compliqué chez moi. Mais ça ne s’arrangeait pas, au contraire. Cette fois, je n’ai pas (trop) attendu et suis allée voir mon médecin traitant entre deux séances de thérapie, histoire au moins de un peu…

Lors de la séance suivante chez le psy, je lui ai parlé. Nous avons continué à avancer dans le travail commencé mais il m’a proposé un nouveau rendez-vous la semaine suivante, alors qu’ habituellement, c’est deux à 3 semaines d’écart entre deux.

Et là, gros craquage en séance. Le couperet est tombé, dépression récurrente. Ma 1ère réaction a été une fois de plus la révolte. Marre de ça. Je me sens bancale, faible, incompétente. D’autant que comme c’est une récidive, cette fois le traitement sera plus long.

Mais le psy a eu ces mots réconfortants : je ne suis pas la maladie, je ne l’ai pas choisie, je reste quelqu’un de solide, de courageux, j’ai une défaillance au niveau des neurotransmetteurs qui n’est pas de mon fait. Peu importe la cause, elle se soigne, cette défaillance.

 

Il me faut accepter cette idée que j’aurai peut-être d’autres épisodes tout au long de ma vie. Accepter et suivre le traitement médicamenteux aussi longtemps qu’il le faudra, chaque fois qu’il le faudra, malgré des effets secondaires qui ont des répercussions déplaisantes sur ma vie intime -bonne nouvelle, en diminuant la dose, ces effets négatifs ont diminués, sans modifier les effets positifs du traitement, ouf !-. C’est une maladie, comme une autre, dont malheureusement on ne connaît encore que très mal tous les mécanismes mais qui se soigne.

C’est en acceptant cette faiblesse qui fait partie de moi que je deviendrai plus forte puisque je saurai la reconnaître et agir à temps la prochaine fois, si prochaine fois il y a, sans me dévaloriser, sans culpabiliser.

Et continuer aussi à travailler les à-côtés qui me rendront plus résistante à cette faiblesse.

 

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Ax-L

 

 

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9 réflexions sur “La dépression, cette compagne…

  1. Je pense que c’est très important effectivement de se rendre compte que c’est une maladie, une chose extérieure à soi dont on n’est pas responsable. L’énergie folle qu’on met à se dénigrer, à se culpabiliser, on apprend à la canaliser vers le fait d’aller mieux, et c’est un pas de plus dans la bonne direction.
    Je t’embrasse ❤

  2. Effectivement, c’est une maladie pénible… Et pour pouvoir avancer, il faut l’accepter.
    Tu as raison, tu ne l’as pas choisi. Et c’est être courageuse que de lui faire face !
    Je te souhaite de tout coeur de lui botter les fesses à cette mauvaise !
    Des Bisous ❤

  3. ma belle, c’est un article tellement touchant, d’autant plus que je sais parfaitement de quoi tu parle malheureusement 😥
    je te fais pleins de gros bizz et je te dis bon courage pour affronter cela <3<3<3

  4. Courage ma belle… comme tu le dis si bien, c’est une vraie maladie… j’ai trop entendu de gens dire « la dépression ça n’existe pas »… mais si, ça existe, c’est insidieux et ça détruit… mais je ne te sens pas faible ! au contraire… tu es lucide, consciente et forte ! plein de bisous ❤ ❤

  5. Je trouve très courageux que tu parles de cette maladie, je n’en suis pas atteinte mais connais une personne qui vit avec ça et je reconnais que c’est vraiment difficile à vivre au quotidien (pour le malade et son entourage) .
    Je te souhaite bon courage pour la suite ! 🙂

  6. C’est une p#\*$? de maladie la dépression. Je dis toujours qu’elle nous suit à la trace, qu’elle ne nous laissera jamais en paix. Il faut l’accepter et vivre avec. Vivre avec des hauts et malheureusement des bas, parfois très bas. Pas facile …

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