Vivre à la campagne, paradis ou galère?

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Je pourrais te parler des tilleuls qui en ce moment sont en fleur et sentent divinement bon.

Je pourrais te parler des châtaignes que l’on ramasse et que l’on fait griller au début de l’automne.

Je pourrais te parler du calme qui est le mien ici, point de voitures, point de bruit si ce n’est les discussions des oiseaux.

Je pourrais te parler de la liberté des enfants qui cavalent dans la campagne toute la journée.

Je pourrais te parler de mon potager qui grandit tous les ans sans que ce soit un souci puisque j’ai beaucoup d’espace.

Je pourrais te parler des amis qui viennent et qui ont l’impression d’être en vacances, des repas dehors sur la terrasse.

Je pourrais te parler du côté détendu de mon homme quand il rentre de sa rude journée de boulot et se pose, enfin, au calme.

Je pourrais te parler de la famille de faisans qui se balade dans mon jardin tous les jours, ou des chevreuils qui me rendent visite de temps en temps.

Je pourrais te parler des balades que l’on peut faire dans un cadre magnifique.

Je pourrais te parler des écrevisses qui peuplent les rivières et ne connaissent pas la pollution.

Je pourrais te parler des impôts locaux qui sont minuscules.

Mais je pourrais aussi te parler de l’obligation de prendre la voiture pour la moindre course, parce que 10 km à pied pour aller acheter une plaquette de beurre, c’est rude.

Ou de l’obligation pour nos enfants de se lever plus tôt pour prendre le bus même en primaire, et d’être internes à partir du lycée.

Du fait que les copains de tes gosses habitant parfois loin, tu te transformes assez vite en chauffeur de taxi pour mômes.

Que le premier cinéma est à 25 km et que tes mômes, eux aussi veulent voir le dernier film à la mode.

Des heures passées à tondre et entretenir le jardin dès que le soleil pointe le bout de son nez.

De l’isolement et du manque de relations sociales.

Des copains qui viennent l’été mais jamais l’hiver.

Des musées ou autres expos auxquels on a renoncés.

De l’étroitesse d’esprit de l’autochtone qui, même au bout de 12 ans, continue à t’ignorer, parce qu’il a toujours fait sa vie sans toi et qu’il ne voit pas ce que tu pourrais lui apporter.

Du grand congélateur qu’on a dû acheter et du fait que je me sois mise à faire des conserves pour mieux gérer les stocks et les déplacements.

De la pénurie d’emplois, du fait qu’ici il n’y a que des vaches et qu’elles n’embauchent pas !

Que pour t’habiller décemment et avoir du choix, il te faudra faire quasi une heure de route.

On est arrivés ici par le biais d’une mutation professionnelle, après avoir visité quelques maisons, celle où nous habitons nous a tapé dans l’œil. C’est une ancienne ferme qui affiche fièrement ses presque 200 printemps. Pierres apparentes et poutres tordues lui donnent une âme qu’une maison neuve n’aura jamais. On y est à l’aise, la maison est vaste et le terrain encore plus.

Certes on y est isolés, parfois un peu trop seuls, mais on profite aussi d’une qualité de vie, d’un calme qu’on ne trouverait jamais en ville.

Alors, puisque les choses ne sont jamais blanches ou noires, mais plutôt grises, on y reste dans notre Désert. Plus que l’isolement géographique, c’est plutôt le manque de vie sociale qui est pesant. Si d’aventure une autre mutation arrive, on déménagera sans regrets, et on recommencera ailleurs, pas en ville mais peut-être pas non plus en pleine campagne. Mais une chose est sure, avant d’emménager dans une commune, on regardera ce qui s’y passe, ce que les gens y font pour la faire vivre. C’est, je crois, la meilleure méthode pour se rendre compte de l’ouverture d’esprit, de l’envie de faire bouger les choses et les gens, et éventuellement d’accueillir de nouveaux habitants.

Ni galère, ni paradis mais finalement on n’y est pas si mal dans notre cambrousse.

Hara-Kiri

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6 réflexions sur “Vivre à la campagne, paradis ou galère?

  1. J’ai bien aimé ton article, agréable à lire 🙂
    Moi même je vis à la campagne par choix.
    J’adore le bruit du vent dans les arbres autour de la maison, le calme des soirs d’été…j’ai horreur de la ville, du bruit, l’odeur…mais je comprends que certains puissent ne pas aimer la campagne , une de mes amies dit qu’elle s’y sent isolée, sans magasins…
    Tout ça pour dire que je me suis un peu retrouvé dans ton article !

    • Merci! Je n’aime pas la ville non plus, je préfère nettement mon trou! Mais l’isolement peut être pesant parfois, donc organisation de virées ailleurs pour visiter musées et expos, ou tout simplement avoir une vie sociale un peu plus riche. Mais c’est sûr, que la plupart de nos copains ne vivraient pas ici, ils préfèrent y venir en vacances!

  2. Ah ! Qu’il est chouette à lire ton article, Hara Kiri ! Tout comme Ode, je m’y retrouve pleinement ! Par choix également, j’ai préféré revenir à la campagne et Dieu sait que je m’y sens bien ! Merci à toi d’avoir aussi bien décrit les avantages et inconvénients d’une vie différente par certains aspects mais d’une qualité exceptionnelle !

    • Merci! C’est une vie différente, c’est sûr, mais pas désagréable du tout. Il faut juste s’organiser pour prendre, de temps en temps une bouffée de vie sociale et de culture!

  3. J’ai vécu quelques années dans un désert aussi… Aujourd’hui je suis en bordure d’une grande ville, dans un quartier très fleuri, plutôt calme, avec collège à 3 min à pieds, écoles à 10 min à pas d’enfants, commerces de proximité et accès facile et rapide à tout… Honnêtement, je préfère : plus de mouches en quantité astronomique dès que tu laisses les fenêtres ouvertes, plus de routes défoncées et sinueuses où si tu croises un tracteur tu n’as plus qu’à faire marche arrière parce que les bas-côtés sont inexistants, etc !

    • J’avais oublié les mouches et les tracteurs!!!! Honnêtement en arrivant ici, on a cherché une maison à proximité des écoles et collèges, mais impossible à trouver dans nos prix, les Anglais avaient fait monter les prix de l’immobilier! On s’est donc rabattu sur le désert… On ne regrette pas, mais la prochaine fois, on se renseigne sur le village avant, parce qu’ici c’est mort et tout le monde s’en fout….

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