Mise en avant : Quand l’amour guérit tous les maux

Kiara a participé à la mise en avant, et fait partie des articles sélectionnés.

1995. J’ai 12 ans. Des douleurs dans le bas-ventre, on m’envoie faire une échographie. Un demi litre d’eau plus tard, on annonce à une petite fille qu’elle a des kystes aux ovaires, qu’il faudra surveiller mais que ce n’est pas grave. Ça peut partir tout seul. Ou pas.

2002. J’ai 19 ans. Un an que je vis à Angers. Il serait temps de me trouver une gynéco en plus de mon médecin traitant. Gynécologue clinicienne. Ça claque sur la porte. C’est parfait pour moi. Un questionnaire sur ma santé, mes antécédents familiaux, mes habitudes. Une auscultation, une échographie. Une sonde vaginale enfoncée sans prévenir. On annonce à une jeune femme qu’elle a des ovaires polykystiques, qu’il faudra surveiller mais que ce n’est pas grave. Ça peut partir tout seul. Ou pas. Ça peut empêcher d’avoir des enfants. Mais on n’en est pas là, vous avez le temps. Une prescription de pilule, un chèque, une carte vitale, une poignée de mains. On en reste là. Rendez-vous dans un an.

Chaque année, le même constat : ovaires polykystiques. Première cause d’infertilité féminine. Mais vous ne voulez pas d’enfant tout de suite ? Non, alors c’est pas grave. On a bien le temps d’y penser. 

J’avance, je poursuis ma vie. Ex1 me quitte. Je rencontre Ex2. Vie pas très stable, pas question d’avoir des enfants. Je suis peut-être stérile ? Tant pis. Mais si un jour je veux fonder une famille ? On verra bien.

2008. J’ai 25 ans. Il faudrait penser à faire un bébé. Ah bon ? Pourquoi ? Et l’excuse toute trouvée : je peux pas, je suis stérile.

Et puis la phrase qui fait vaciller : Peut-être que si tu ne peux pas avoir d’enfant, il y a une raison. Peut-être que tu serais une mauvaise mère. Coup de poignard dans le cœur. Le début du questionnement. Je ne veux toujours pas d’enfant, mais…

Est-ce que si je ne peux pas en avoir, c’est parce que je ne dois pas en avoir ? Parce que je ne serai pas une bonne mère? Parce que je suis une mauvaise personne ? Parce que je suis avec la mauvaise personne ? Parce que je ne veux pas d’enfant ? Parce que je suis égoïste ?

2008. Fin de mon ordonnance de pilule. Je change de gynéco. Une femme très gentille. Un questionnaire sur ma santé, mes antécédents familiaux, mes habitudes. Des ovaires polykystiques ? Oui, ça risque d’être plus compliqué mais si vous voulez un jour un enfant, on fera tout pour que ça arrive. Un ton rassurant, un sourire.

2010. Je rencontre le Conquérant. Je l’aime. Je suis heureuse. Je sais qu’avec lui, je fonderai une famille. C’est évident. Je lui parle de mes ovaires polykystiques. Il s’en fiche. On verra bien. Il est là. Il m’aime.

2011. J’emménage à Rennes avec lui. Je suis en mauvaise santé. Grosse fatigue, migraine qui ne part pas, baisse de tension. Examens, prises de sang, spécialistes. Rien. On décide de stopper tous les médicaments, même la contraception orale. Mon médecin me donne le numéro d’une de ses collègues généraliste qui ne fait que de la gynécologie. Une femme très gentille. Un questionnaire sur ma santé, mes antécédents familiaux, mes habitudes. RDV pris pour la pose d’un DIU au cuivre. RDV pour une échographie. Le DIU est en place. Ovaires parfaits. Quoi ? Quoi ? Comment ? Ovaires parfaits ? Oui. Pas de kystes ? Non, aucun. Stupeur. Ils ont disparu. Seuls. En quelques mois. Comment est-ce possible ? Ça arrive. Mystère.

Été 2012. On fait un bébé ? Le Conquérant se sent prêt et me surprend. Joie, bonheur, appréhension. Et si ça ne fonctionne pas ? On verra bien.

Automne 2012. Mamoune est fatiguée. Elle en a marre de se battre contre son terroriste qui menace de tout faire sauter. Je lui confie notre projet. Larmes de joie. Envie de se battre.

Début novembre. RDV pris avec ma gynéco pour retirer le DIU. Laissez-vous six mois. Si ça ne fonctionne pas, vous reviendrez me voir. 

Un mois plus tard, envie de moutarde un dimanche après-midi. Test de grossesse. Négatif. Déception.

15 décembre 2012. Après des semaines à chercher une date, Mamoune est venue passer le weekend à Rennes. Test de grossesse. Positif. Annonce. Joie. Larmes. Envie de se battre contre le terroriste.

C’était il y a un an.

Février 2013. Après des mois de saignements, de peur de perdre ce précieux cadeau, échographie. Annonce officielle. Bonheur. Mamoune a terminé sa chimio. Elle va mieux. Espoir.

18 août 2013. Naissance de Bichette. Plus aucune trace du terroriste. De l’amour. Du bonheur.

Mon petit papillon

*

Là où la médecine était impuissante, l’amour a tout guéri.

Kiara.

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