La périménopause aka mon parcours du combattant.

Avertissement aux personnes sensibles : cet article va parler règles, sang, gynécologie, utérus et fourmiller de détails peu glamour…

Je suis une quarantenaire. Je découvre depuis quelques années les joies de la pré-ménopause : cycles qui se raccourcissent, suées nocturnes, syndrome pré-menstruel marqué et cerise sur le gâteau, règles cailloteuses et douloureuses.

Perimenopause

Pour les suées nocturnes et le SPM, j’ai trouvé une parade efficace avec Manhaé, un complément alimentaire sans soja et sans hormones. Cela fait maintenant plus d’un an que je l’utilise et la seule fois où j’ai fait une pause, pensant que le traitement donné par le gynéco compenserait (voir plus bas), les suées nocturnes sont revenues très vite, donc j’ai repris Manahé au bout de quelques jours !

nutrisante_manhae

Pour le reste, j’ai commencé par me tourner vers mon médecin traitant, lequel pratique l’homéopathie qui donne, paraît-il, de bons résultats pour le régularisation des cycles. Sauf que sur moi, ça n’a pas fonctionné. Et puis il m’a donné de l’Antadys pour les douleurs des règles (moyennement efficace chez moi).

Comme le gynéco qui me suivait depuis ma 1ère grossesse avait fini par prendre sa retraite, il m’a envoyée chez un autre, avec avant le rv, une ordo pour une écho pelvienne afin de voir si tout allait bien de ce côté.

L’écho a révélé un utérus légèrement granuleux.

Je suis donc allée voir le Dr G, confiante (généralement mon médecin traitant est de bon conseil en matière de confrères) pour lui expliquer mes soucis de quarantenaire. Après examen, confirmation de l’utérus « fibromateux » et prescription de 6 mois de Duphaston pour régulariser les cycles, rendre les règles moins douloureuses et diminuer les caillots.

Au bout de 6 mois, à part des cycles un tout petit peu moins courts et plus réguliers, rien n’avait changé, c’était même pire.

Attention, ouverture de la partie pas glamour du tout !

Les règles cailloteuses, qu’est-ce que c’est ? C’est quand l’écoulement sanguin n’est pas seulement liquide mais avec des « morceaux ». Je suis utilisatrice de coupe menstruelle depuis plus de 10 ans, autant dire que je suis aux 1ères loges pour voir ce qui se passe de ce côté. Les caillots n’étaient pas vraiment gênants au début, ils étaient petits, et comme ça n’inquiétait pas le médecin, ça ne m’inquiétait pas non plus.

Sauf qu’au fur et à mesure des années, ils sont devenus de plus en plus gros, au point de parfois remplir la totalité de la coupe… Et dans ce cas-là, que se passe-t-il ? Eh bien les trous de la coupe se bouchent, elle déborde et descend… Et comme la sortie d’un caillot est toujours suivie d’un écoulement sanguin plus abondant et liquide, je vous laisse imaginer (ou pas) ce que ça peut donner et combien ça peut être gênant quand ça arrive à un moment où vous ne pouvez rien faire…

Autre problème du caillot, on ne sait pas quand il est expulsé : pas de signe avant-coureur, pas de douleur plus intense donc c’est difficile d’anticiper.

Dans les 1ers temps, j’ai réussi à gérer en repérant les jours à risque et en vidant ma coupe avant toute sortie qui risquait de durer un petit moment et en assurant avec un protège-slip. Ça a relativement bien fonctionné comme ça jusqu’en juin dernier…

Un matin, je me suis préparée à emmener les enfants à l’école, avec les précautions habituelles des jours d’invasion viking (les Anglais, c’est un peu désuet maintenant, et l’allusion à Ragnar le Rouge de la série Vikings nous amuse mon Phil et moi). L’aller-retour me prend une vingtaine de minutes à pieds. Je n’étais pas encore arrivée à l’école que je sentais déjà le méga-débordement – heureusement j’étais un jupe, longue qui plus est donc c’est passé inaperçu – et je savais que ça ne tiendrai pas jusqu’à mon retour à la maison. Heureusement, les ATSEM de la maternelle sont très gentilles et j’ai pu aller faire le minimum tranquillement aux toilettes et rentrer à la maison d’un pas rapide.

Et ça s’est reproduit plusieurs fois, parfois même en pleine nuit.

J’attendais donc beaucoup de mon rv avec Dr G au mois de juillet pour faire le point.

Beaucoup, sans doute trop…

Ce « charmant » docteur n’a rien trouvé de mieux à me répondre que « Vous avez 43 ans, 5 enfants, un utérus fibromateux, c’est normal il faut faire avec. Continuez Duphaston et Antadys, votre médecin traitant peut faire la prescription intermédiaire, on se revoit dans un an merci et au revoir ».

Sur le coup, je n’ai pas su réagir. Mais après je me suis retrouvée très en colère. Que ce soit « normal » et pas inquiétant, je veux bien, mais j’avais du mal à croire qu’il n’existait aucune solution pour rendre les choses plus vivables. Ok ce n’est que 2 ou 3 jours toutes les 4 semaines… Mais ce sont 2 ou 3 jours où je ne vis pas normalement, où je suis hyper stressée, fatiguée et surtout où je risque de me retrouver dans une situation délicate ! Sans compter que je mets beaucoup de temps à récupérer après et c’est un peu pénible d’avoir la sensation d’être fatiguée en permanence ou presque.

J’ai donc commencé à fouiner du côté d’internet dans l’espoir de trouver des réponses à cette question cruciale : « Allais-je devoir subir ces règles pénibles jusqu’à la ménopause ? ». C’est là que je suis retombée sur le blog de Miss Frottis et plus particulièrement sur cet article. J’ai pris contact avec Miss Frottis qui répond très gentiment, très rapidement et de manière détaillée aux questions que nous lui posons.

Forte de cet article, je suis donc retournée voir mon médecin traitant lui dire que le Dr G et moi c’était terminé, lui demander si il avait quelqu’un d’autre à me conseiller et une ordonnance pour Lutéran, pour une prise de sang histoire de vérifier que je n’étais pas anémiée et pour une nouvelle écho. Il n’était pas chaud pour me faire changer de traitement avant le nouveau rv gynéco. Je suis donc repartie avec les coordonnées du Dr T, les ordonnances pour l’écho et la pds mais pas pour Lutéran… Arf, ces médecins qui n’aiment pas qu’on viennent les voir en disant « je sais ce qu’il me faut » XD.

Sauf que bien entendu, le rv avec le DR T n’était pas pour tout de suite et je voyais se profiler à l’horizon une semaine de rentrée sanglante et ça ne me disait rien du tout !

J’ai profité que mon Phil allait voir le médecin pour revenir à la charge en lui transmettant la copie de l’article de Miss Frottis, héhé. Et ça a marché sauf que – acte manqué de sa part ? – la prescription ne me permettait pas de prendre 2cp/jour pendant 20 jours. Qu’à cela ne tienne, j’ai rappelé sa secrétaire pour avoir le complément.

Et donc, au 1er jour de mes règles suivantes, j’ai commencé Lutéran. Et youpi tralala, pas de règles hémorragiques, pas de caillots, pas de douleur, le pied !

Mais, parce qu’évidemment il y a un mais, j’ai continué à avoir des petits saignements tous les jours. J’ai contacté à nouveau Miss Frottis qui m’a rassurée en attendant que j’aille voir le Dr T.

Fin septembre, est enfin arrivé ce rv. Pour la 1ère fois de ma vie de femme, je me suis retrouvée face à UNE et non pas UN gynéco. Je lui ai expliqué mes soucis, j’ai reçu une écoute attentive, des réponses pédagogiques et claires sur les origines de mon problème. L’ADENOMYOSE, c’est en fait l’utérus qui est devenu comme une éponge (c’est une forme d’usure suite à mes 5 grossesses), il y a des trous dedans, donc au moment des règles, quand l’utérus se contracte, tous les vaisseaux sanguins ne se referment pas, d’où formation de caillots et saignements plus abondants et parfois plus longs.

adénomyose-croquisSource Miss Frottis

Et il existe bien évidemment des solutions, il faut juste tâtonner pour trouver celle qui est adaptée. Duphaston était la 1ère étape, mais il aurait fallu chercher autre chose devant le manque de résultat (et paf, dans les dents Dr G !). Lutéran est l’étape suivante :-), donc je suis partie pour 6 mois de test avant de refaire le point, sauf si les saignements persistent sans diminuer, auquel cas, pas la peine d’insister plus de 3 mois.

L’étape ultime, si aucun traitement ne fonctionne, étant l’hystérectomie. C’est quelque chose qui ne me fait pas peur, ma féminité ne se résume pas à mon utérus et si ça me permet de vivre sereinement ma vie de femme dans toutes ses facettes sans être perturbée par des saignements abondants, intempestifs et douloureux, je dis oui.

J’attaque donc mon 2ème mois de Lutéran, à suivre…

En matière de confort féminin, surtout n’hésitez pas à changer de médecin si celui que vous avez semble ne pas entendre/comprendre vos soucis. Il y a certainement une solution, douleurs et saignements ne sont pas des fatalités, quel que soit l’âge !

Ax-L

Cabaret 2

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13 réflexions sur “La périménopause aka mon parcours du combattant.

  1. Je suis heureuse de lire que ça a fini par s’arranger… la médecine classique est parfois tout à fait hermétique… je pourrais écrire le même billet que toi mais concernant les mycoses vaginales qui ont pourris de longues années de ma vie jusqu’à ce que j’arrive à en venir à bout grâce à Internet, l’homéo et mon super pharmacien… Je trouve que certains médecins ne sont pas assez informés de l’aide qu’ils pourraient apporter à des patients en souffrance… (dans des cas qui finalement pourraient être réglés plus vite et qui ne sont pas gravissimes)

    • Arf, les mycoses vaginales, j’y ai eu droit aussi pendant 8 ou 9 ans… Elles ont accompagné ma vie avec Ex n°2 et ont miraculeusement disparu peu de temps après la séparation. Difficile de croire qu’il s’agit d’une simple coïncidence. Entretemps, j’avais essayé plein de choses aussi, j’en avais (presque) pris mon parti (et du coup ça me donnait de bonnes excuses pour repousser ses assauts sur les derniers mois de notre vie commune). A l’occasion, si tu peux partager ce qui t’a aidé à en venir à bout, je pense que ça aiderait pas mal de monde aussi !

      En ce qui concerne les médecins, je me demande si c’est un manque d’information ou un manque de formation continue… Autant je peux accepter qu’un généraliste soit « limité » parce que si il devait être à jour dans tous les domaines, il n’aurait certainement plus le temps pour ses consultations et du coup, les spécialistes perdraient leur raison d’être, autant je pardonne ça plus difficilement à un spécialiste sensé justement aider ses patients dans un domaine bien spécifique. Ou alors les spécialistes sont trop axés sur le « grave » et oublient que des « petites » pathologies peuvent aussi sérieusement hypothéquer la vie de leur patients !

  2. Donc, en fait, tu es en train de me dire que j’ai des règles hémorragiques et cailloteuses depuis le début (heureusement, c’est pas douloureux) mais que ça n’est pas une fatalité et pourtant aucun médecin ne m’a jamais proposé de solution ? J’ai un peu des envies de meurtre, là…
    Et sinon, sur une toute autre note, j’adore ta photo 😉

    • Eh bien… peut-être que oui. Ce qui ne serait guère étonnant quand tu regardes l’endométriose par exemple, qui n’est diagnostiquée qu’après bien des années de douleur pour celles qui en souffrent alors qu’il faudrait y songer bien plus tôt, parfois dès l’adolescence. Je pense que beaucoup de médecins sont encore inconsciemment imprégnés des croyances judéo-chrétiennes sur la fatalité des douleurs féminines… J’espère t’avoir ouvert des pistes de réflexions avec ton médecin du coup ;-).

      Merci pour la photo, c’est N°2 qui l’avait prise pour la SMUF Cabaret.

  3. euh d’abord beurk 🙂 dire que je vais peut être connaître ça dans 10 ans 😦 en tout cas j’ai bien aimé l’article car le sujet n’est pas évident et pourtant c’était sympa à lire car beaucoup d’humour 🙂

    • 😉 Ode.

      Pas dis que tu connaisses ça, j’en ai déjà parlé avec des personnes qui sont ménopausées et ont eu plus de 3 enfants, ce n’est pas le cas pour toutes.

  4. Coucou,
    J’ai toujours eu des soucis avec les règles !! Petite, un peu comme une chienne en chaleurs c’était tous les 6 mois, ça peut paraitre bien mais je les avais pendant au moins 2 semaines. Ça ne sait pas amélioré avec le temps, après une prise de luthenyl comme pilule, je n’ai pas eu de régles pendant des années. 1 an maintenant sans pilule, mes règles sont normales mais hyper douloureuses. Il me semble d’ailleurs que c’est toi qui m’a parlé d’endométriose, j’ai fais une écho et ce n’est pas ça, seul constatation du muscle dans la cavité utérine, rien de grave mais ça fait mal comme le dis si bien le doc !! Enfin, ça fait mal, abondant et degueu mais bon…..
    Pas marrant d’être une femme !!
    Bisous

  5. Pingback: La périménopause épisode 2 | Génération blogueuse

  6. Bonjour,

    J’ai 45 ans et je n’ai pas encore de problème de pré-ménopause, mais j’y pense car les années passant je me dis qu’un jour cela va arriver.

    Ton article est vraiment intéressant, clair. Tu proposes des solutions sans être alarmiste et c’est assez rassurant.
    Merci beaucoup pour ton retour d’expérience.

    Bon week-end,
    Christèle

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